Requiem en ut mineur de Cherubini

Luigi cherubini par ingres

Portrait de Luigi Cherubini

par Jean-Dominique Ingres

Luigi Cherubini

Maria Luigi Carlo Zenobio Salvatore Cherubini, plus connu sous le nom de Luigi Cherubini (né le 14 septembre 1760 à Florence, mort le 15 mars 1842 à Paris) est un compositeur italien de la fin du XVIIIe et du début du XIXe siècle.

Fils d'un célèbre claveciniste, Luigi Cherubini étudie à Bologne en 1778, puis à Milan, de 1778 à 1782, sous la direction de Giuseppe Sarti. C'est pendant cette période qu'il fait la connaissance du compositeur bohémien Václav Pichl, maître de chapelle auprès de l'archiduc Ferdinand d'Este, gouverneur autrichien de la Lombardie. En 1785, on donne deux de ses œuvres à Londres. En automne 1787, il est à Londres et est engagé par le roi. Il compose quelques morceaux pour le souverain, dont le King's Theatre.

Il s'installe en 1787 à Paris et il est nommé, en 1789, codirecteur du Théâtre de Monsieur, fonction qu'il quitte en 1792. Se sentant financièrement à l'aise, il épousa Anne Cécile Tourette le 12 avril 1794, fille d'un contre-ténor à la Chapelle royale de Louis XVI. Celle-ci lui donnera trois enfants. En 1796, il est nommé inspecteur de l'enseignement au tout nouveau Conservatoire. En 1816, il devient surintendant de la Chapelle de Louis XVIII.

Il retrouve le Conservatoire, où il exerce comme professeur de composition, avant d'en être nommé directeur en 1822. Il conserve cette fonction pendant vingt ans et ne l'abandonne que quelques semaines avant sa mort. Il a beaucoup contribué à rehausser la qualité de l'ensemble de la formation. Il a été actif dans l'organisation de manifestations publiques d'élèves, comme les exercices de musique et d'art dramatiques. Il a aussi permis la naissance de la Société des Concerts du Conservatoire. Il a également été franc-maçon, membre de la loge Saint-Jean de Palestine du Grand Orient de France.

Son décès donna lieu à des funérailles nationales, durant lesquelles fut joué son Requiem en ré mineur. Cherubini repose au cimetière du Père-Lachaise (division 11, section VII). Son tombeau a été conçu par l'architecte Achille Leclère et inclut notamment un buste du compositeur, surmonté d'un bas-relief d'Auguste Dumont représentant la Musique.

D'après Wikipedia

La musique de Luigi Cherubini

Ce Florentin , installé à Paris en 1787 sut s'intégrer à chaque régime politique nouveau : inspecteur du Conservatoire (1795, mais peu prisé de Napoléon), surintendant de la Musique (1816), directeur du Conservatoire enfin (1822).

Il déploya sous la Restauration l'essentiel de son activité à la Chapelle Royale des Tuileries. Attaché aux conceptions polyphoniques des Maîtres Italiens, dominant supérieurement le contrepoint, Cherubini savait aussi s'adapter aux goûts et à la sensibilité de la société post-révolutionnaire et, en ce qui concerne la musique sacrée, à la religiosité romantique qui s'épanouit après le Concordat : ce composé d'aspirations vagues, d'effusions nourries de tout un travail de l'imaginaire, ce désir d'harmonies poéiques et religieuses qui n'auraient jamais trouvé leur expression adéquate dans la sévéritédu contrepoint ou la rigueur du grégorien.

Le drame liturgique devient alors une véritable action théâtrale. Si Cherubini évite l'angélisme larmoyant et respecte le caractère liturgique en n'utilisant aucun soliste, il traite pourtant ses messes dans l'esprit d'une représentation tragique.

Le Requiem en ut mineur

Le Requiem à la mémoire de Louis XVI  (1816) transpose à l'église les procédés du théâtre.

La musique "visuelle" du Kyrie - exaspération des supplications, distribution dramatique des silences - éveille les images d'un chœur d'opéra dans ses évolutions, sa gestuelle même.

A la douceur consolante du Graduale, le Dies Irae oppose une vision apocalyptique : prélude orchestral foudroyant, Tuba mirum et Rex Tremendae impérieux et terrifiants, et les chuchotements fiévreux, les frémissements d'effroi, l'hébétitude du chrétien devant sa culpabilité (Mors stupebit) ; une dernière flambée d'angoisse s'éteint dans un Lacrymosa étirant - syllabe après syllabe -  l'accablement du pêcheur.

Une lumière céleste étincelle aux cordes, à l'Offertoire, entre un mouveemnt de marche et la grandiose double fugue du Quam olim.

L'hymne du Sanctus n'a plus rien de funèbre et le recueillement du Pie Jesu, serein et pudique doit beaucoup aux couleurs tendres, un peu fanées, des vents.

Un Agnus Dei d'abord tourmenté - ultime sursaut d'âpres implorations - termine l'œuvre dans une morne résignation.

 

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